Greve SNCF, nuage de cendres, chassé croisé sur les routes, semaine limite apocalyptique précédant ce dimanche 18 avril. Date à laquelle Marseille accueillait son second marathon nouvelle formule après l’avoir délaissé plusieurs années. Nouveau parcours au travers la cité phocéene . Les supporters bleus et blancs du Vélodrome allaient devoir chanter d’autres clameurs pour d’autres coureurs …
Sauf que nous avec le train annulé à la dernière minute, nous n’étions pas partis …

En 6 heures : changement complet d’organisation . C’est bon pour le calme ….

On descent finalement en voiture. Donc on peut prendre draps, serviettes, bouffe, flotte, lait, couches, poussette, jouets, et tout le bordel digne d’une famille nombreuse … et pourtant nous ne sommes que 4 mais le 806 fut vite rempli….
Annulation de l’hotel, changement de maison d’hote, …. La totale je vous le dis …
Passons ces futilités et ces 900 bornes en carette 48h avant une épreuve que je me suis promis de boucler en 3H45 vu le pietre entrainement (manque de régularité dans les sorties et de rigueur dans les séances au seuil) des 6 dernières semaines.
Heureusement la météo est clémente et la famille en bonne santé. La maison de vacances est au top et bien spacieuse. On va pouvoir se reposer et être tranquille.
Dimanche matin, 6h ; reveil. Tout le monde roupille comme d’habitude. Gatosport sur le pouce avec thé ginseng et une banane. Comme tout coureur préparé (vous savez tous ce que c’est …) , prêt en 10 minutes : toutes les affaires étaient préparées de la veille. Il ne restait qu’à remplir les bidons d’hydrixir et vérifier une ultime fois le chargement de l’ipod et du garmin. (et oui n’en déplaise à certains, j’ai pris la technologie en accompagnateur. C’est pas bien ; surtout sur un itinéraire que l’on ne connaît pas mais je me suis rendu compte que pour mon mental c’était aussi important qu’une bonne paire de chaussures pour le physique).

Aucun problème pour se garer. Marseille dort encore à 7h30. Et comme toutes les grandes dames, elle est encore plus belle endormie. Et ça arrange bien mon pater qui se gare ainsi à deux pas de la canebiere. Encore un stress évacué.
Nous y sommes. En tête , bien ancré pour le fun , l’emblématique tonalité d’Iam … :
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C’est parti. Direction la ligne de départ..

Je croise un croisé débarqué il y a quelques siècles. Je lui dis bonjour … il comprend pas . Je me dis : encore un Dino mal luné…. Va pas falloir le taquiner. ça tombe il court …

Les forces de l’ordre sont prêtes. Comme toujours. A regarder. Pardon Forest. Mais là ce fut vraiment le cas … amusant de les voir ne rien faire alors que quelques automobilistes souhaitaient simplement passer avant la foule qui allait surgir 20 minutes aprés.

Pas d’échauffement, juste 10 minutes d ‘étirements actifs et d’assouplissement souple.
Je me place au milieu de toutes les belles mécaniques. Nous sommes vraiment tous des clones. Mêmes fringues. Mêmes shoes. Même montre. Mêmes petits sautillements. Même tee shirt. Mêmes mollets qui brillent de la même crème chauffante. On se croirait presque en boite. Ou sur un stade de foot. Cela m’amuse et je pense particulièrement à mon poto Gillou blue… allez savoir pourquoi.
9h. Devant nous ; 42 bornes pour découvrir tous les sites dominés par notre dame de la garde. Nous n’y montons pas bien sur mais du vieux port à l’obelisque de la route de Mazargues en passant par la corniche et le port autonome , les foulées vont s’enchainer.
Go Go Go . Mes 3 syllabes d’accroche ; le parcours va être roulant. Sans difficultés. La veille , avec Angel, nous nous sommes promenés pendant 4 heures sur quelques uns des kilo à parcourir. Rien d’extravagant en tout cas sur la première partie.


Le deuxième kilo arrive très vite … les premiers hectomètres furent très rapides : descente de la Canebière .. en faisant gaffe quand même de ne pas se carer les pieds dans les rails du tram …. (pas le top sur ce point la ; faut bomber le sol de peinture messieurs les organisateurs …(première remarque )).

Les 18 kilos qui suivent sont un régal.

. Je découvre la ville l’esprit au vent et les yeux éblouis. Je me suis planté sur cette ville. Marseille est chouette. C’est bien sur crado mais le public est chaleureux , les ravitos idéaux, et surtout on passe devant tout ce qu’il faut voir ici. Dont le stade vélodrome. Je passe ces 75 minutes enjoué. La cadence est de fait très rapide….
Un grand passage dans le parc Borely où le semi sera franchi en 1h32 : je bats mon record du semi sur un marathon … n’importe quoi, c’est clair : je suis en positive split de folie. Comme à Dunkerque fin 2009 . Je vais me cramer et craquer au 31ième … J’aurai du passer en 1h45…. C’est vous dire comme je m’amuse et comme je suis bien. Quelle belle première partie.
Je calme donc l’allure en profitant de la corniche et de ses paysages fort relaxants. Nostra Mare. Méditerranée. Que ça me change de la mer du nord. ….
Et puis de toute façon ça grimpe … À partir 25ime sur la corniche ; le faux plat n’est pas faux. On le sent. C’est sympa pour arriver tranquillement au 30ième . Sur le Vieux Port . Les écarts entre les coureurs se creusent allègrement. Les non habitués connaissent le mur et marchent.
Le Vieux Port est atteint et de l’autre côté juste après la basilique mon pater m’attend.
Je vide les dernières gorgées de ma mixture (j’avais ajouté des abricots secs à l’un des ravitos) en me disant qu’il restera 5 bornes avant de le retrouver au 31ime kilo avec mon ravitaillement personnalisé (ceinture de gels et 3 petits flacons d’hydrixir pour les 11 derniers kilos. J’avais tout prévu ….
Le Pater me file ma ceinture et me dit que je suis bien parti pour finir en 3h30. 2h30 au 30ime kilo. Exactement comme à Dunkerque. Sauf que là je me sens hyper bien.

Pas autant que le premier quand même ….Train Hard … Win Easy …

les 11 derniers kilo à travers la ville nouvelle et le port autonome ne sont pas dignes d’être narrés. Franky m’avait prévenu.
10 bornes sous un soleil qui commence à chauffer (il est 11H30) et un paysage horrible.
Building, pont, tags, travaux. Rien d’attrayant pour finir. (c’est la seconde remarque. Pourquoi finir par le plus moche alors que c’est justement à ce moment que la tête a besoin de relayer le corps ?).
Heureusement que l’Ipod diffuse ma compil hargneuse de Live mixés entre The Boss, Tina et autres grands de la pop. Je parviens ainsi à enchainer le sourire le lèvres. Je double le ballon des 3h30 sur le dernier kilo… l’extase…. Finish à fond. Je veux pas voir 3h31 sur le panneau….

Je franchis la ligne en 3h30 naturellement heureux.

J’ai enfin atteint ce seuil de 3h30 qui plus est avec un entrainement « de brun » comme on dit chez nous. Le cap des 3h15 est clairement atteignable. Mais c’est surtout rassurant pour le plus long (TransAq bientôt) et un 100 bornes … Je suis rayonnant. J’aime Marseille.


Et cousine, tu « dannnces » ou je t’esssplose. Pas de paquotille et chaine en or qui brille… 
Merci à mon père pour son accompagnement habituel et ses photos de la course .
A ma mère pour ses encouragements permanents.
Merci surtout à Angel pour sa Grande patience.
Merci à mes fils qui malgré leurs pleurs et leurs maladies chroniques me sourient tous les jours.Vivement la TransAq quand même ...