Les 4h du Pradet (83) le 17 Décembre 2006Lorsque je me suis décidé à participer aux 4h00 du Pradet, je savais que je serais en manque de sorties longues du fait de ma préparation spécifique faite pour les championnats de France de cross-country courus le 29 novembre.
Une fois couru ces championnats, je reprends les sorties d'endurance durant une quinzaine de jours en espérant que tout le travail fait précédemment lors des préparations des marathons de Paris et d'Avermes ainsi que des 6 heures de la Nièvre me seront profitables.
L'annonce des difficultés de la boucle me fait revoir à la baisse mes objectifs kilométriques mais je garde intact l'ambition de remporter la catégorie V2 en étant le plus proche possible du podium scratch. La catégorie s'étant gagnée avec 20 tours lors de l'édition 2005, je me fixe 21 tours pour ne pas avoir de regrets.
Dimanche matin, jour J. J'arrive sur place à 8h05. Je suis le premier coureur, les organisateurs mettent tout juste en place le matériel. La première vision en arrivant sur le site est cette montée qui va s'avérer terrible au fil des heures et user les organismes.
Il fait beau, la température est fraîche mais pas froide. J'hésite entre manches courtes ou débardeur mais nous sommes en décembre donc j'enfile ... les deux. Je prévois de la musique pour passer le temps.
Appel des concurrents sur la ligne de départ. Chacun prend son temps. Les individuels et les premiers relayeurs des équipes partent ensemble, par contre le passage des relais et des individuels se feront dans un couloir séparé. Je me rends compte qu'il n'y a que des passionnés de longues distances.
3 ... 2 ... 1 ... partez comme dirait Amel, notre starter favorite. Je tente immédiatement de me mettre dans mon rythme sans tenir compte de certains relayeurs partis vite mais seulement pour 3 tours. Je me sens très bien et découvre cette boucle. Montée sur bitume, virage à droite, montée en zig zag à travers les mobilhomes puis chemin de terre en descente, virage à gauche et léger saut d'une grille d'évacuation d'eau, réception sur de la terre molle qui deviendra de plus en plus molle au fil des passages, portion de terre et d'herbe très humide, demi-tour autour des rubalises, descente toujours sur du chemin et retour sur le bitume pour une montée d'environ 500 mètres qui, je ne sais pas pourquoi, sera de plus en plus pentue au fur et à mesure que les heures défileront.
Je boucle le premier tour en 9'45s alors que j'avais prévu 10'30s. J'en profite pour prendre la tête de l'épreuve. 9'41 au second tour, tout va bien. 9'48 au 3ème, 9'53 au 4ème, 9'58 au 5ème. Je me retrouve vraiment seul. Il faut que je gère car au bout d'une heure, je me rends compte que ce parcours plus cross que course horaire, va laisser des traces. Je fais les 5 tours suivant en un peu plus de 10'.
Je suis toujours en tête de l'épreuve et cela me motive même si je me dis qu'à un moment donné, je vais sentir revenir la cavalerie au pas de charge. Je commence à ressentir les efforts. Mon rythme ralentit, je viens de perdre près d'une minute au tour, en raison, notamment, d'une pause ravitaillement que je fais tous les tours au lieu de tous les 2 tours.
Deux heures de course, je suis dépassé par le futur vainqueur. Je ne peux pas l'accrocher. Peu de temps après je perds la seconde place. Une nouvelle fois je tente de m'accrocher mais je suis dans l'incapacité de suivre ce coureur à la petite foulée rasante. Je suis à un peu plus de 12' au tour et c'est la galère. Maintenant il faut que je serre les dents pour conserver cette place sur le podium. Le passage sur la ligne d'arrivée manque d'ambiance. Mais ex-licencié du club organisateur j'ai tout de même droit à quelques encouragements.
Passé trois heures de course, je me rends compte depuis le bas de la côte que je suis en train de revenir sur le second de l'épreuve. Un tour supplémentaire et je fais la jonction au ravitaillement. Il me dit « la deuxième place est pour toi, je n'en peux plus, tu vas plus vite que moi ». J'apprends que nous sommes dans la même catégorie et là, je sais que je vais tout donner car je suis venu pour gagner chez les vétérans et je ne vais pas laisser passer cette occasion. Je calcule qu'il nous reste trois tours à faire. Maintenant je dois gérer cette 2ème place. Le rythme est revenu, ça sent l 'écurie. Allez plus que deux tours. J'ai maintenant la seconde place bien accrochée. Le premier me prend un tour à une vingtaine de minutes de l'arrivée. Ca n'a plus d'importance. 20ème tour. Il me reste plus d'un quart d'heure.
Les autographes sont pour plus tard, je dois conserver cette 2ème place.
Je suis largement dans mes objectifs. J'aperçois Alexandre, je suis près de lui prendre un tour. Je ne le ferai pas afin de ne pas décourager ce jeune débutant.
Je fais calmement ce dernier tour car je n'ai pas envie de refaire une boucle. Je franchis l'arrivée, il reste un peu moins de 4'. Pour moi ce n'est pas totalement terminé je dois attendre le passage du troisième et me calquer sur celui-ci. A-t-il envie de repartir pour un tour. Il ne lui reste plus qu'une minute trente ? Il franchit la ligne, me félicite et dit qu'il y en a assez. Je compatis et l'accompagne au ravitaillement. On trinque avec un verre d'eau. Ah ces sportifs, sérieux jusqu'au bout de l'effort.
La course est terminée, nous nous félicitons mutuellement et nous dirigeons vers une petite soupe aux poireaux.
Je me demande maintenant si en étant parti moins vite j'aurais pu aller chercher la victoire. Je n'en sais rien, ne le saurai jamais et ne veux pas le savoir. Aucun regret.
J'ai réussi mes objectifs avec, cerise sur le gâteau, une seconde place au scratch. Que du bonheur.
Mon dernier scratch remontait à 1998.
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Si vous êtes capable de le rêver, vous êtes capable de le faire ....