Lirrésitible appel des 100KMS DE MILLAU 2009
Après la récupération des 24 heures de Brives, vu que mes névromes de Morton me faisaient beaucoup souffrir, et vu qu'en janvier 2010 je passe dans la catégorie 65 ans, je décide de revenir sur du demi fond 1500 m au 5000 m pour tenter ma chance aux championats d'Europe piste vétérans.
Donc juin et juillet se passent avec 3 entrainements semaine de 40mn à 50 mn, surtout basés sur de la VMA courte afin de reprendre un peu de vitesse. Le 26 juillet, j'arrive à courir le 400 m en 1mn17s. Je sens la forme revenir.
Le lendemain après -midi, plus d'énergie, de la montée de température, des frissons. Bon, voilà que j'ai du attrapper la grippe du moment H1....!
Très mauvaise nuit. Je vais au docteur, qui cherche , qui m'adresse aux maladies infectieuses à l'hopital. Le verdict tombe 3 semaines après: hépatite de type E. Très rare (environ 50 cas en France en 2008 dont des décès). Aucun traitement. Il va falloir que ça revienne tout seul. Durée environ 6 mois. Entretemps, je me suis énormément affaibli. J'ai perdu 4 kgs et je n'ai plus d'énergie. Je ne peux rien porter et je n'arrive pas à faire 1 km en marchant doucement. Pas question de m'entrainer. Interdit.Fin aout, je décide tout de même d'essayer de trottiner lentement. 1ere sortie 10mn à 6 à l'heure. Je suis vidé. Je n'ai plus de jambes. Elles sont lourdes avec plein de picotements. Je n'ai plus de poussées de fièvre et l'appétit revient un peu. 3 jours après, je décide de remettre ça en ajoutant 5 mn. Et ainsi de suite. Bon, pour moi, pour le moment avec de telles jambes, je ne peux pas courir vite. Je continue de regarder les forums, et les copains du site de Bruno commencent à parler de Millau. Sur le coup, je ne réagis pas car je ne l'avais pas prévu, et puis, comme à une fille à qui on a dit qu'elle était belle, ça commence à me trotiner dans la tête, mais physiquement, inutile d'y penser car j'ai du mal à courir 50 mn à petite vitesse vers le 1er septembre. Le 7 septembre, je décide de faire 2h30 en alternant course et marche. Après beaucoup d'effort j'y arrive, mais je suis totalement HS. Je me dis: bon, on est à 3 semaines de Millau, j'envoie mon inscription. Je serai au moins la-bas avec les copines et les copains. Ca me changera un peu d'air. Si il le faut, je m'arrêterai au semi marathon.
Le dimanche suivant, je voulais tenter 3 h, mais épuisé je n'ai pu courir qu'une 1 heure. Je n'avais pas récupéré, bien que je n'ai pas couru la semaine.L'avant dernière semaine, j'ai fait 2 footings d'1heure et la dernière semaine rien du tout.
Le vendredi 25 septembre à 14 heures, je prends la route pour Millau où j'arrive vers les 17h45. Je vais vite réserver ma place dans le boulodrome, et ensuite somme. On discute un peu, je récupère mon dossard, on se boit 2 bières. Je savoure l'ambiance qui m'a attiré à Millau comme une mouche sur du miel. Je suis déja entièrement comblé d'être parmi tous mes amis de la cap. Pasta partie et présentation individuelle de toutes et tous les meneurs d'allure, et ensuite direction le dortoir car demain ça va être très dur.
A 05h00 du matin, le dortoir commence à s'agiter. J'ai bien le temps de me lever, mais impossible de dormir. Vers 06h30, je me lève, vais faire ma toilette et ensuite petit déjeuner au gymnase très copieux. Les coureurs arrivent. On discute. Vient l'heure d'enfiler ma tenue. Je vais à la voiture, ouvre mon sac de sport. Horreur, ma tenue n'est pas dans le sac. Pourtant, je l'avais bien préparé avec le tricot cycliste à poches contenant déja du doliprane en cas de douleurs aux pieds. Pas de short. J'avais préparé à part un sac pour Ste Afrique avec un collant au cas ou il fasse froid en soirée. J'enfile donc le collant option hiver et le tee shirt offert par l'organisation. Je risque d'avoir chaud, mais comme mes chances d'aller loin sont infimes, ce n'est pas trop grâve. Je pointe mon dossard et en compagnie de Cloclo, nous voilà partis vers le bas du parc pour la procession derrière la fanfare jusqu'à la rue Carnot où est donné le départ. Nous sommes largement dans le dernier tiers des concurents. Les applaudissements et le départ est donné. Avec Cloclo on passera 2 mn après sous la banderolle de départ. Je me faufile au milieu des marcheurs avec ma bouteille d'eau à la main et finalement au bout de quelques centaines de mètres, je peux courir sur les trottoirs pour éviter le barrage des coureurs .Passage au 5 kms (à ma montre déclenchée au portique) en 28'30". Ravitaillement d' AGUESSAC Coca cola,je remplis ma bouteille avec de la boisson énergétique. Je prends 2 tubes de gel énergétique que je glisse sous la casquette. Tout vdirection le gymnase où je retrouve tous les copins et copines Chantal, Bruno, Vincent, Jean Claude non voyant qui est meneur d'allure 14 h avec Chantal, Phil, Bibi, Manu, la Molo team, Bernard,.......
Toute la bande des divers forums en a bien , je me sens bien, je rencontre Cagouille et PAT. Ensuite, vers le 7 ou 8eme km, je rejoins le groupe 11h en Cyrano 14/1 enmené par Stéphane. Je décide de rester avec eux le plus longtemps possible. passage au 10 kms en 56'09 et j'absorbe un gel. RIVIERE SUR TARN je sens que je commence à faiblir car sur les parties marchées, je n'arrive pas à suivre. Il me faut trottiner pour revenir. Passage aux 15 kms à BOYNE en 1h26'05".Je remplis à nouveau ma bouteille de 50 cl avec de l'eau plate et je mange un abricot sec. Un arrêt pipi m'oblige à faire une longue poursuite pour rentrer sur le groupe. Je sens que je ne pourrai pas suivre le groupe longtemps, et pourtant, on ne va pas vite, mais mes jambes ne répondent pas. Passage aux 20 kms en 1h55'02. J'ai tendance à me retrouver laché. Le ROZIER (21kms), je suis à la traîne. La côte de Pierreleau va être marchée. J'en profiterai pour revenir. Je me ravitaille bien et prends un gel avec beaucoup d'eau. Semi en 2h27'49". Je ne peux plus suivre le groupetto des 11h. Je vais devoir gérer tout seul le plus longtemps possible. J'alterne marche et course sur du 9/1, mais je suis très lent. Normalement je marche autour de 7 kmh. Là, j'en suis à 5 kmh. 30 eme km LA CRESSE en 3 heures. Gros ravitaillement avec pâté , coca et remplissage de la bouteille. Je consomme 50 cl aux 5 kms tellement il fait chaud, et encore je ne vais pas vite. Je suis cuit . Je me fixe pour objectif d'aller jusqu'à PAULHE au 35 eme km que je passe en 3h35' . Il fait très chaud. Je bois beaucoup et fais des arrêts pipi assez fréquents . Objectif suivant rejoindre Millau où je pense m'arrêter car je suis totalement vidé. J'alterne la course et la marche. Marathon en 4h22'20" à ma montre. J'arrive au gymnase, et là, au lieu de m'arrêter, je me ravitaille, fais pointer mon dossard et je repars en marchant dans le parc de la Victoire. Qu'est ce qui ma pris. Mon corps voulait s'arrêter, mais ma tête n'a pas voulu. Dans quelle galère je me suis mis. Je marche , lentement, mais je ne peux pas aller plus vite.
A ce rythme là, avec les arrêts j'en ai encore au moins pour 11 à 12h . Je me ravitaille bien à CRESSEIL car je sais que jusqu'à ST GEORGE DE LUZENCON ça va être très dur. Passage aux 45eme km en 4h47'46". 25' pour faire 2,8 kms en ayant un peu couru. Direction Cressel et sa terrible côte. Je rejoins un copain de St Victoret ALVAREZ Hervé qui comme l'année dernière, au même endroit a des problèmes gastriques qui l'empèchent de s'alimenter. Il va être contraint à l'abandon au 60 eme malgré toute l'énergie qu'il a mis pour continuer. J'attaque la côte de CRESSEL qui mène sous le viaduc. On passe de 360m à 500 m de dénivelé en moins de 2 kms. Je marche péniblement. Les autres coureurs qui passen t en marchant me laissent sur place. On dirait une limace qui avance. Deux jeunes femmes me doublent et je leur lance:"vous voyez, à mon âge, même les filles qui marchent je n'arrive pas à les rattrapper". Gros sourire, et me voilà de nouveau seul. J'abandonne à coup sur à ST Georges de Luzençon. Au 50eme en 5h44 ', je trottine un peu pour faire le beau pour la photo. Sitôt l'appareil passé, je me remets à marcher. Je cherche un rocher pour m'asseoir. Ils sont déja tous pris. Il n'y a pas que moi qui suis au bout du rouleau.
J'arrive un peu à courir dans la 2eme partie de la descente, où je double pas mal de coureurs. Arrivé à St George de Luzençon, je mange, je bois de la bière, de l'eau et je m'asseois . Je ferme les yeux et me laisse aller quelques minutes. Pas mal de coureurs attendent la navette pour rentrer. Sylvie PUECH est contrainte à l'abandon à cause de sa hanche. Je me lève, et me voilà reparti dans la partie que j'aime le moins entre St George et St ROME DE CERNON. J'alterne la course et la marche. Le plus souvent la marche. Les jambes, les cuisses et le dos me font beaucoup souffrir. Le premier arrive précédé de la voiture officielle . Bibi passe en 4 eme position, toute fraiche et souriante. Un peu plus loin, c'est Anne Cécile qui passe en discutant,. Pour l'instant mes pieds se font oublier et c'est tant mieux, ou alors, vu que je m'occupe du reste du corps, je ne me rends pas compte de leur état. Il faut que je sois très prudent pour ne pas dépasser certaines limites qui ensuite laisseraient beaucoup trop de traces de fatigue, car la grippe est là et n'attend qu'à frapper les affaiblis. Passage au 55 eme en 6h29'29.
Arrivé à ST ROME DE CERNON 60eme km en 7h19' où je croise Phil 84 meneur 9 h qui semble frais en compagnie d'un coureur. . Là, je fais une grosse erreur. Mon estomac ne peut rien absorber, je décide de ne pas m'arrêter et j'oublis donc de remplir ma bouteille qui n'est qu'à demi (25cl). J'attaque la côte de TIERGUE que je vais gravir en marchant de plus en plus lentement. Cloclo me rejoint au milieu, un petit bonjour et il me laisse sur place. Je m'épuise, me traine dans les derniers lacets. Je n'ai plus d'eau. Je cherche pour m'asseoir, mais en dehors de la route il n'y a rien. Je continue. Sur le haut où c'est presque plat, je vois un petit muret en face d'une maison. Il est déja occupé. Sur la partie descendante vers le ravito, j'essaie un peu de courir. Je rencontre Rolland Vuillemenot qui marche car il a des crampes. Je me remets à alterner marche -course car je vois le salut qui est un peu plus bas avec les tentes du ravito et des podologues. J'arrive, je prends une bière bien fraiche et je vais m'asseoir sur une chaise sous la tente de soins. Je me repose quelques minutes, demande un massage des jambes, mais ce sont des podologues. Il me faudra attendre Ste Afrique pour cela. Je retourne au ravito et reprends de la bière, de la soupe, du miel, un sandwich pâté et un jambon, et me voilà reparti chargé en marchant et mangeant dans la descente vers Ste Afrique. J'ai également fait le plein de Périer .65eme km en 8h13'. Dans la descente, je rencontre beaucoup de copains du forum, des meneurs d'allure qui m'encouragent. J'ai repris la course et je descend même assez bien. Barbie remonte suivie de son mari.Il commence à faire plus frais. Je me sens mieux. Je ne pense plus à abandonner à Ste Afrique. Je suis là. J'irai jusqu'au bout. Cagouille remonte alors que je ne suis pas loin du 70 eme km passé en 8h59'. J'arrive au ravito de Ste Afrique. Je prends ma frontale, un Kway, m'alimente soupe, bière ,miel, sandwich jambon et pâté et me voilà reparti les mains pleines. Je marche jusqu'à la côte tout en mangeant. Ensuite, je cours dans la remontée vers Tiergue 200 m et je marche 70m, jusqu'au sommet.Je croise Chantal , Vincent et le groupe 14h encore bien étoffé. On se fait la bise.Passage 75 eme en 9h48'. Je rencontre Cloclo qui me dit:" tu es bien revenu". Je dois me faire soigner une ampoule au pied qui est sortie dans la descente et qui me fait mal sur le côté intérieur du pouce pied droit. j'attends mon tour et une jeune podologue s'occupe de mon problème. Merci à elle et à tous les bénévoles et organisateur qui nous permettent par leur dévouement de pouvoir nous retrouver dans cette journée spéciale mais combien riche. Ravito bière, soupe, miel, sandwich pâté et me voilà reparti vers la descente de Tiergue où j'alterne marche et course. Il fait nuit. J'en profite pour appeler ma femme et mes enfants pour les rassurer car ils n'étaient pas trop chauds pour que je participe dans mon état de délabrement avancé.
Passage aux 80kms en 10h36mn. Bon, sauf incident je devrais être à moins de 14h30mn. Ravitaillement à St Rome de Cernon bière, soupe, miel, sandwichs et bouteille de périer. Je ne m'attarde pas et je repars. Je mange et ensuite, sur les 7 kms qui séparent St Rome de StGeorge, je marche 2 poteaux de signalisation et je cours 6 poteaux et ce jusqu'à St George. Je remonte pas mal de monde et passe aux 85 eme en 11h29'. Arrêt ravito a ST George bière, soupe, miel et je repars en alternant toujours les bornes. dans la côte du viaduc, je marche 2 bornes et je cours 4 bornes dans la partie la plus pentue, ensuite 2 bornes et 6 bornes. Je rattrappe encore pas mal de monde. Je suis assez bien.¨Passage aux 90 eme en 12h08'. Voilà les lumières du viaduc. Qu'il est beau dans la nuit. Arrivé au sommet, je surplombe Millau. Plus rien ne peut m'arriver. Depuis St Afrique, je sais que j'irai au bout. La descente, 2 bornes 6 bornes jusqu'au bas. Ensuite je marche sur la petite remontée qui mène à Creissel et recours dans la descente. 95 eme en 12h47mn. Au ravito de Creissel je retrouve Hervé Alvarez qui attend un copain pour l'encourager. Bière, miel et me voilà parti.96,97,98 maintenant je vais courir jusqu'à l'arrivée. L'entrée du parc de la Victoire. Je gravis l'allée montante sous les platanes, très encouragé (MERCI à vous). J'enlève mon Kway, je pénètre dans le gymnase. Ca y est , je l'ai bouclé. Je ne suis pas mort, fatigué sans plus (c'est bizzare) 13h30mn à mon chrono. 13h31mn.. officiels. Je n'ai pas été gèné par mes névromes. certainement du fait que je n'ai pas fait de préparation et donc ils n'étaient pas irritésJ e recois mon cadeau et mon certificat. je retrouve mes amis qui me félicitent. J'attends la meneuse 14h (Chantal) qui se pointe pile poil à 13h59mn en compagnie de Vincent et de son oncle qui étaient suiveurs.
Douche et repas campagnard. Ensuite, dodo jusqu'au dimanche 08h où j'ai repris la route, quitant Millau à regret.
J'ai voulu faire une expérience, en dehors du fait de me retrouver au milieu de tous.
Je pense que n'importe quel marathonien aguéri peut terminer un 100 kms si il sait un peu serrer les dents.